Avant-comptoir du Grouin
Entrepôt, loft, atelier, remise, plus sûrement rustique taverne gauloise à tonneaux, sanctifiée arverne (superbe zinc Nectoux à rallonge), l'ex-Pointe du Grouin de Thierry Breton est passée dans l'escarcelle d'un neveu d'Yves Camdeborde, l'avisé créateur des Avant-Comptoir (trois au Quartier Latin). Lequel a sûrement suivi les conseils de Tonton, à savoir qu'on ne change pas d'artisans qui gagnent (huîtres de Dupuch, <cochonstées> d'Ospital, de Parra...), ni de formule (tapassiettes), voire de recettes (terrine de campagne façon Régalade) mijotées souvent à la sauce sud-ouest (fricassée de cœurs de canard). Quoique, à la lecture de la carte, on se sente un peu paumé avec près de 50 propositions, dont notre cochon en oreilles, grouin croustillant, poitrine, saucisse, ou côte Ibaiana pour deux (64 euros), sans oublier les plats du jour (servis de 12 à 15h). Ouf ! En tous cas, un vrai buffet en non-stop à 3 minutes de la Gare du Nord, ça ne se manque pas, sans comparaison avec les nourritures étiques qu'on ingurgite en attendant son TEGEVE. Mieux encore, une petite niche est réservée aux végétaux, artichauts vinaigrette, poireaux nori sauce aigre-douce, chou pointu au labneh. En travaux pratiques, ça coince pourtant un brin, nos deux variétés de croquettes, étant garnies d'une sorte de pâte sans saveur. La belle reprise de volée est pourtant là avec cet épeautre croquant, harmonieux et puissant, associé à un terre-mer (chorizo-seiche), qui rappelle le meilleur de Tonton Camdeborde, tout comme la (fausse) mousse au chocolat à l'huile d'olive, plutôt une crème servie tiède du meilleur effet. Pour les beaux jours, la petite terrasse divine en zone piétonne. Gilles Dupuis
Croquettes de chipirons à l'encre ; croquettes de morue et citron vert ; risotto d'épeautre, ail, seiche et chorizo ; mousse au chocolat à l'huile d'olive.



