Frenchie
Depuis que le monde entier connaît Frenchie, il y a de l'électricité dans l'air dans la petite rue du Nil. Les heureux élus qui décrochent ici une table, sachant qu'ils devront faire un rapport aux innombrables recalés de leur entourage, attendent une expérience inoubliable. En cuisine et en salle, cette pression se ressent. Dans l'assiette, les ingrédients qui ont fait la réputation de Grégory Marchand sont au rendez-vous. Le choix restreint au minimum - deux entrées, deux plats, fromage ou dessert du jour - invite les convives à découvrir produits rares et mariages de saveurs insolites. Accompagnant les toutes petites pâtes jaunes sur fond noir, le chorizo brun et le jus de bouillabaisse rouille jouent sur les papilles comme sur un xylophone. La pointe de harrissa télescope le cochon puissant, métaphore d'un brassage culturel réussi. La mousse de petits pois, en dessert printanier, rappelle que, crus, on a souvent gobé ces légumes comme des Dragibus. La sélection de vins, ample, ambitieuse et néanmoins démocratique, est tout aussi remarquable. Pour une fois, la réputation du lieu n'est pas surfaite et l'on n'oserait qu'une seule remarque en quittant la table "la cuisine est une chose sérieuse, mais ce n'est que de la cuisine!».
Gougère à la fleur de sumac, labneh, zaatar (en amuse-bouche) - Agnolotti, chorizo,radis, navet, sarrasin grillé - Échine de cochon, pois blonds, harissa - Mousse de petits pois, confiture fraise des bois.




