Racines des Prés
La nouvelle star de la sphère culinaire vient de naître et s’appelle Benjamin Arnaboldi dans le très bientôt célèbre et très bientôt couru restaurant BA/C. BA/C, c’est une aventure que l’on vit avec énormément de bonheur, une virginité du goût qui appartient à son créateur et qui explose simplement tel un feu d’artifice le 14 juillet. On en ressort ému, tatoué par une précision du trait qui en impose, par une intense direction qui ne laisse pas indifférent. Le choix est radical, le goût l’est aussi. Benjamin cuisine comme un skieur hors-piste, il trace sa destinée intensément marquant la neige fraîche par un style personnel hors norme. Trois, deux, un, partez … la piste aux étoiles du bien manger peut commencer sa ronde, la soirée s’annonce trop courte. À la volée : tartelette tomate et feuille de tagète, melon-porto-miso blanc, eau de gaspacho, asperges vertes-jaune d’œuf confit-sabayon beurre noisette, shawamushi d’épluchures d’asperges-œuf de truite-huile de crevette, maquereau-poivron-chlorophyle, Arti-chois-alapenos, cou de canard farci, moule frite, homard-sucrine-praliné-cacahuète-jus de homard, tête de veau-rouget farci-ail-jus d’arrêtes, pigeon-cuisses farcies-carcasse à rogner, tripes-coquillages-algues, tête de moine-mangue-gingembre, abricot-sorbet citron-estragon-praliné sarrasin, … Alors, il est pas fort le gamin ? Commenter ne sert à rien, goutter ici cloue le bec. Pour le prix, à 85 euros le cadeau du soir, on dit merci, merci d’avoir pu partager une telle passion, merci de s’être mis à nu, merci d’avoir ouvert BA/C. La liste des vins est juste le « désalter ego « de la cuisine, une expression du très bon qui donne le sourire et les joues rouges et dont les prix soulagent le livret A. Richard Plancton

