Cagnard
Cagnard ? Familièrement, c'est le soleil brûlant. Quel rapport avec l'enseigne de ce bistrot un peu planqué dans une rue discrète et dans un quartier avare de points de chute agréables, celui de la Gare de l'Est ? Tout simplement l'inspiration méditerranéenne (donc Phébus au rendez-vous) qui nimbe la carte, parfois franche du collier (focaccia au lard de colonnata, carpaccio de poulpe aux anchois, tournedos d'agneau cacahouètes et harissa...) et parfois plus discrète, comme dans le jus au metaxa hellène de la poitrine de cochon, et le kefta du menu déjeuner. Un flux variable drivé par un chef qui propose des assiettes généreuses, de temps en temps assez brouillonnes dans leur présentation, mais remportant l'adhésion par la puissance des assaisonnements, qui ne noie pas le produit. On ne se plaindra pas par exemple que des pétales d'ail frit se glissent dans un maelström de magret de canard cru associé à des cœurs de la même volaille, cuits rosés à la perfection, ou de la non-orthodoxie du jus de bouillabaisse accompagnant le pavé de lotte. Peu importe, l'adhésion est là, entretenue par un service vigilant et l'escapade qu'offre la carte des vins et ses saillies de vins grecs. Gilles Dupuis
tartare de canard, guanciale, cœurs de canard, babaganoush, jus corsé ; lotte, fenouil, carottes, pommes grenailles, aïoli, moules (inutliles) et jus de bouillabaisse ; glace maison à la fleur d'oranger (trop timide), praliné, pistache et caramel au beurre salé


