Stella
Plus qu’une brasserie, une institution qui épouse les (bonnes) habitudes - ou plutôt ici manières - de tout un quartier. Soit le petit noir du matin façon jeune dirigeant, le déjeuner sur le pouce dans une avenue devenue rendez-vous des professions libérales, le dîner duo forcément léger autour du banc d’huîtres, sans oublier le sempiternel repas dominicain. Sur les deux étages réaménagés récemment, les confortables banquettes ou les tables plus intimistes continuent d’accueillir familles ou tribus avec, semble-t-il, un même bonheur. Une certaine joie de vivre jamais feinte prend toujours le dessus lors de retrouvailles comme inspirées du théâtre social. Car l’assiette tient plus que jamais la route, charcuteries de Bobosse, glaces et sorbets de Berthillon et un talent bien réel en cuisine pour coller aux envies de saison. Le haddock poché à l’anglaise avec son œuf mollet et poêlée d’épinards en hiver ou la stricte salade de homard en été font ici attendre et aimer les saisons. Certains scrutent déjà le retour de la choucroute, des pieds de porc panés ou de l’andouillette avec son onctueuse sauce à la moutarde, incontournables qui, sans savoir pourquoi, se font ailleurs de plus en plus rares. La carte des vins sait ne pas faire l’impasse sur Bordeaux rive droite comme rive gauche, quand le service joue d’une politesse presque confondante. Une autre époque ? Loin de là, la moyenne d’âge de la clientèle semble repas après repas comme rajeunie. Pierre-Yves Chupin
Œuf mimosa ; foie de veau à l’anglaise, bacon et haricots verts frais ; profiteroles au chocolat chaud



