Cena
Une adresse qui a connu ses hauts avec Pascal Barbot tenant les cuisines pendant le déménagement de son Astrance, et ses bas avec une carte italienne sans surprise aucune. Lana Solé, arrivée voici un an après avoir œuvré auprès de Raphael Rego et d'Anne-Sophie Pic, défend son style avec une réelle sincérité ou sensibilité. Avec comme quelques réminiscences d'un registre scandinave petit à petit disparu à Paris, importance accordée ici au végétal, valorisation du produit avec la liste des producteurs tous bien choisis sur le menu, et arts de la table plus "faïence que porcelaine" … La similitude s'arrête dès l'arrivée de l'entrée : des portions généreuses et un vrai talent pour composer dans une quête d'harmonie ou de raffinement. À en oublier l'amertume naturelle des endives que contrebalançaient l'onctuosité du gorgonzola ou la puissance du balsamique. À en aimer le panais dont le gingembre ou le jus réduit à base d'un mélange de quatre épices effaçaient les notes par trop mentholées de la racine. Cuisson du canard à l'évidence bien menée et pâte à chou de l'éclair croustillante et en rien ramollo, attestant l'un comme l'autre du sérieux de la cheffe. Espace ouvert et lumineux avec ses banquettes plus proches de la brasserie haut de gamme que du registre bistrotier. La carte des vins s'est délestée de sa sélection italienne pour un tour de l'hexagone pointu et exigeant. Tarifs plutôt haut du panier mais millésimes à chaque fois bien choisis. Pierre-Yves Chupin
Endives rouge, balsamique, siphon gorgonzola, noix - Filet de canard, panais, gingembre, épices - Éclair cacao et sarrasin





