Restaurant Leriche
Dachine, ouassou, chatrou, chiktaya...Sans glossaire, le risque de se trouver désappointé à la découverte de cette table caraïbéenne, denrée rare dans la capitale, vous gagnera, alors que nos connaissances quant aux spécialités de ce grand archipel, se bornent habituellement au triptyque accras, boudin dit « antillais » et colombo. Fort heureusement, sur un discret air de zouk ou de biguine, le service se fait aimablement pédago tout au long du repas pour expliquer ce que concocte le chef-patron Jean-Rony Leriche (talentueux pâtissier par ailleurs) autour de son pivot central, le poisson (filet de bar) ou le poulet boucané. Autrement dit fumé (devenu la marotte actuellement de quelques toqués et bistrotiers parisiens) et destiné avant tout à la conservation traditionnelle façon « longue durée » des produits carnés ou issus de la mer. Il faut cependant un sacré tour de mains, une science des assaisonnements (herbes, citron, ail, épices canne à sucre...) pour sortir du four une cuisse de volaille braisée-fumée, parfumée, moelleuse, non carbonisée, frappante d'originalité. Sans faire l'impasse sur la finesse de notre entrée, équilibrée entre le crémeux, le croquant, la puissance, la fraîcheur, ou la jolie démonstration du dessert composé à partir des fruits des Isles (avec en sus une goyave exceptionnelle). Il s'agit là de la partie variable du menu, en fonction des arrivages souvent en direct, comme ces crabes de terre vivants, ou ces fameux ouassou, des crevettes des tropiques préparées en bisque au menu du dîner. Dépaysant. Gilles Dupuis
Amuse-bouche (dont un feuilleté au bœuf épicé), salade de papaye verte, souskay de mangue verte, féroce d'avocat, chiquetaille de morue boucanée, crème de fruit à pain; poulet boucané, riz djondjon, mousseline de patate douce, dal de lentilles massala, bananes buro à la crème, dés d'igname mulet; sorbet au corossol, gâteau à la noix de coco, mousse groseille pays, brunoise de goyave, chantilly coco



