Un bon bistrot
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Attaquer au p'tit noir à 8 plombes du mat', en bas de chez soi, avant de partir au taf' (métro ou biclo), c'est un mini-plaisir qui met dans les meilleures dispositions. Peu importe que le bistrot, le troquet, ait de la patine ou pas, l'essentiel étant qu'il réponde présent, comme ces Indécises, à l'embrassade de deux rues qui donnent sur une placette chou comme tout. Nicolas Schweri qui a repris l'affaire (en compagnie d'un associé), l'avait dans le collimateur depuis qu'il était minot, habitant juste en face. Avec l'idée de faire perdurer, à travers cette acquisition, la vie de quartier. Mais aussi grâce à un certain bagage pro, famille de restaurateurs, lui-même cuisinier (passé par J'Go, Astier, son voisin de l'autre côté de la rue...) lui permettant d'appliquer les bonnes recettes du genre. Et en tête de gondole, un menu et un semainier (renouvelé chaque trimestre), joues de bœuf, cuisse de canard confite, blanquette de veau à l'ancienne, etc. L'important est ici de rester dans les clous du qualitatif, foie gras de canard mi-cuit maison si l'on veut faire, modestement, cramer sa carte bancaire, comté et jambon au torchon pour le croque, tartare de bœuf charolais au couteau, croquantes frites maison, brioche façon pain perdu... Tout en assurant du non-stop pour petites faims, du croissant à l'apéro vespéral, qui passe par brioche Bénédicte, fuet (saucisson catalan), assiette de charcuteries, fromages, frites... Bref, la maison est neuve, devrait étoffer un brin sa sélection de vins avec des références plus malignes, renoncer à la glace industrielle de la profiterole et renouveler sans doute plus fréquemment son semainier. Mais le pari du bistrot en chaussons, ouvert 7 jours sur 7, est tenu. Gilles Dupuis