Sphère
Restaurant

Sphère

Un bon restaurant

Le décor en impose, hauteur sous plafond, agencement au millimètre près et palette de couleurs bien dans l'air du temps. Un parti pris vite théâtral en décalage avec la cuisine tout en retenue de Tetsuya Yoshida. Cet ancien chef des Canailles travaille les produits du terroir français avec minutie, précision et dans un seul but, en magnifier les saveurs. Ses associations sur des bases classiques font mouche comme la dorade crue et les agrumes ou les cèpes travaillés avec des pommes allumettes croustillantes pour un jeu de texture gourmand. Les cuissons, toutes exemplaires, attestent bien du savoir-faire du chef. La touche nippone de ses origines ? Il faut la chercher dans la cave avec une sélection de haut vol de sakés qui parviennent à se marier au mieux avec tous les plats, de l'entrée au dessert. Arnaud Morisse


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Bistrot des Tournelles (Le)
Bistrot

Bistrot des Tournelles (Le)

Un très bon bistrot

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple, la question a du turlupiner Edouard Vermynck, ex. de l'Entrée des Artistes, d'abord rue de Crussol, puis à Pigalle, dans un ancien bar à « respectueuses », où il fricotait avec l'air du temps, cocktails-tapas. Pour finalement reprendre Gaspard de la Nuit, bistrot-pilier des soirées bastillardes, un peu fatigué par les décennies. Investir alors dans l'œuf mayo, proto de l'entrée canaille, et la frite maison (ici, exceptionnelle) parce que, disent les convives, chez soi c'est trop long à préparer ou que ça pue le graillon, relève donc pour le patron de l'acte de foi. Tout comme d'avoir redonné du lustre au décor, carrelage rose des vents, superbe comptoir bois ouvragé couronné de marbre, millésimé 1900, enrichi de trouvailles chinées, suspensions 1900-1920, caisse enregistreuse, desserte chantournée, accroches photos anciennes et singulier répertoire de chaises bistrot (six variétés) auxquels les férus de nostalgie prêteront une attention soutenue. A part cela, ça tourne rond dans l'assiette : terrine de campagne, « maison », à l'instar de l'andouillette (le chef est fils de charcutier), poivrons marinés provençale, faux-filet, daube de bœuf, choix de garnitures (purée, haricots verts, frites), mousse au chocolat, la grand-messe des intangibles gourmands est dite. Gilles Dupuis


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Dame Augustine
Bistrot

Dame Augustine

Un bon bistrot

Encore un cuisiner qui profite pleinement du tremplin Top Chef. Les saisons se succèdent et, avec elles, s'ensuivent les ouvertures de nouveaux restaurants. Il faudra bientôt mieux avoir fait l'école M6 que Ferrandi ! Avec Lilian Douchet candidat de la treizième saison, tout a été minutieusement réfléchi : de la décoration à l’ambiance méditerranéenne jusqu’à la carte où il propose des plats aux intitulés à l’humour certain : "burrastagram", "généreusement maigre", "bons baisers de Normandie"… Tous appétissants et consensuels dans leurs associations. Le candidat appréhende tout aussi bien les codes propres aux réseaux sociaux - sur TikTok appelez-le Doudou Kitchen - pour attirer une clientèle peu rompue à la gastronomie et privilégiant les "likes". Ainsi ses dressages tirés au cordeau rencontrent un réel succès auprès de de toute une communauté. Dans l'assiette, le goût n'est pas pour autant oublié, la technique bien réelle et les assaisonnements précis. Encore un petit effort pour un supplément de saveurs sur certaines assiettes et on « likera » tous l’adresse de notre ami Lilian. La carte des vins n’a rien d’aventurière, propre et rassurante. A noter le rapport qualité-prix tout à fait honnête, même le soir.


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BangBang
Bistrot

BangBang

Un bon bistrot

Un chef danois qui partage les fourneaux avec un confrère péruvien et une cuisine qui repose notamment sur le travail des piments. Une approche singulière dans un lieu qui ose d'emblée les couleurs pop et flashy. Les assiettes ont le goût du partage avec un tour du monde de plats revisités bien organisé : empeñada au porc et à l'abricot, croquetas au cheddar, salade de crabe à la verveine ou encore une salade de saucisse épicée et associant gingembre et citronnelle. Le piment se fait encore discret et c'est peut-être mieux pour la cave un peu pauvrette pour affronter une cuisine relevée.


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Orgueil
Restaurant

Orgueil

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Voilà un restaurant qui attise la curiosité : Orgueil se présente comme un bistrot doublé d'un speakeasy. Quésaco ? D'entrée de jeu, la déco détonne : boiserie, rose bonbon, plafond style chapelle Sixtine, appliques tête de lion, carafes à whisky… Vous en voulez encore ? Car au fond de ce bistrot bon teint, derrière les vitres sans tain, se cache un gastronomique pour un tête-à-tête qui voit sans être vu. La carte (ou plutôt les cartes) joue la fantaisie : chacune des cinq cartes à jouer (entrée, terre, mer, végétal, gourmandises) présente les plats à partager. Mais Orgueil ne se satisfait de poudre aux yeux, l'équipe envoie des assiettes solides, bien travaillées, à base de produits extrêmement sourcés, dans une démarche de circuits courts et locaux. On adore les fines et gourmandes croquetas de canard et cream cheese ou le savoureux bœuf confit dans son jus, grenade, navets nouveaux. Pour l'orgueil, on ne sait pas mais la gourmandise était, elle, au rendez-vous.


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Brasserie Lutetia (La)
Restaurant

Brasserie Lutetia (La)

Ce Lutétia, plus qu'un hôtel, l'icône de tout Saint-Germain-des-Prés, a offert depuis les travaux engagés un nouvel espace à la brasserie, notamment la double hauteur sous plafond des origines. Avec sa terrasse idéalement située face au square Boucicaut, elle est redevenue un lieu incontournable et une table respectable depuis sa reprise en main par la cuisine et la salle. La carte oscille entre fruits de mer (tour de France des huîtres ou plateaux) et plats traditionnels sur un mode plus grignotage en bonne compagnie. Patrick Charvet ose glisser d'heureuses créations, tarama d'oursin bien crémé, salade d'artichaut qu'il rehausse de parmesan ou tartare de bar assaisonné au citron calamansi. Les cuissons des poissons (turbot) ou des viandes et volailles marquent le sérieux du chef et s'accompagnent de frites plutôt correctes qu'il reconnaît faire venir de l'extérieur. Le pâtissier parfait le registre en jouant sur les classiques, notamment une île flottante à peine sucrée et au demeurant délicieuse. Carte des vins bien pourvue mais les cocktails méritent ici toute l'attention : pour nous l'un des meilleurs gin & tonic de la capitale à base de Hendrick's, relevé d'une fine lamelle de concombre et jamais noyé de glaçons. Service aussi adorable qu'efficace. 


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Wagyu restaurant 1129
Restaurant

Wagyu restaurant 1129

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Avant même de pénétrer dans ce lieu, le ton est donné : faculté nous est offerte de contempler de la rue en vitrine réfrigérée les superbes et alléchantes pièces de Wagyu, cette viande de bœuf japonais de qualité superlative. L’expérience se poursuit en entrant dans une salle minimaliste aux briques anciennes enduites de teinte anthracite, qui ravira les admirateurs de Tanizaki et son « Éloge de l’ombre ». Nous sommes ici dans ce qui peut être considéré comme le Yakiniku (à traduire en français comme barbecue d’intérieur) par excellence en terre parisienne. Nous nous attablons donc devant une grille chauffante permettant de cuire à notre convenance chaque morceau de viande, sans risquer d’enfumer vêtements ou chevelure grâce à un judicieux dispositif d’aération. Après une brève formation à la cuisson personnalisée, la dégustation peut commencer sur un mode ludique. Une large variété de pièces (bavette, aiguillette, entrecôte, filet, contre-filet, basse-côte, etc.) au persillage exceptionnel et au degré de maturation selon son choix est alors proposée. Tendreté, douceur et intensité gustative sont au rendez-vous, les trois condiments servis (sel aromatisé au thym, pate miso et wasabi) se révélant presque superflus. Le secret de cette rigoureuse sélection tient à l’importation des viandes en direct de la province de Gunma (ville natale du maître des lieux) par le restaurant lui-même. Que rêver de mieux pour accompagner ces merveilles qu’une carte soignée d’excellents Sakés (sans oublier quelques flacons de vins bien sûr). Où l’on comprend clairement qu’il fallait un terme nippon, « Umami » (goût savoureux), pour qualifier cette cinquième saveur de base. 


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Collier de la Reine (Le)
Restaurant

Collier de la Reine (Le)

Dans ce quartier devenu snob, il est recommandé de se méfier de l'ouverture d'un "oyster bar" en lieu et place d'une cantine japonaise, sous la houlette d'une bande de serial restaurateurs qui ne jurent que par la déco. L'humeur apparemment joyeuse des premiers clients observés à travers la vitre, au déjeuner et au dîner, était un indice, mais pas une preuve. La jolie couleur des frites en était un autre. A confirmer, donc, d'autant que la maison affiche à sa carte des prix de buvette et propose des jolies bières pour les amis de l'amertume et les autres. A 5 euros, le prix d'un café sur certaines tables du Marais, l'assiette est large, bombée et parfaitement à notre goût sans pitié. Miracle des frites : du côté des boxes en enfilade, comme du côté des tables napées de blanc, les vingtenaires et les trentenaires levaient le nez de leur smartphone pour sourire et parler aux moins jeunes. Ce dialogue inopiné, plus américain que parisien, était encouragé par les serveurs attentifs et plaisants. Et se devait se prolonger au-delà de l'entrée, tout au long du repas. Sur la base quasi scientifique de ce sondage sauvage, disons que les avis sont... partagés. Le vol au vent, de l'avis général, est une réussite : la crème respecte les ris de veau, et vice versa. Le chou farci, pour les végétariens, est une concession, pas une punition. Les fruits de mer, en revanche, quoi qu'emblématiques de la maison, confondent fraîcheur et givre. Débarquant sur glace comme à Rungis, ils sont ni bons ni mauvais mais fades et "mastiquants". Autant que le prix du plateau, qui monte au ciel comme les bouteilles de vin nature, c'est l'amateurisme qui agace. Heureusement, la glace à la vanille du profiterole est à parfaite température. A l'heure du dessert justement, un couple s'arrête côté rue, interrogateur. D'un geste de la main, ne serait-ce que pour le mariage sarrasin croquant/chocolat fondant, on les invitera à entrer. En espérant qu'ils aient l'intuition de commander des huîtres et des langoustines sur assiette plutôt que sur banquise.


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Phoenix
Restaurant

Phoenix

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Il est désormais de plus en plus rare de trouver un restaurant dédiée à la gastronomie chinoise qui parvienne à maintenir la qualité sur la durée. Cette perle située bien loin des quartiers des diasporas accueille avant tout une clientèle chinoise qu'on imagine volontiers être venue (re)découvrir les saveurs de leur pays d'origine. Le décor moderne, sans intérêt majeur, est surtout dominé par une porte imposante en bois brut. Ne vous étonnez pas de ne pas voir figurer à la carte rouleaux de printemps, nems et autres riz cantonnais. À la lecture du menu, vous pourrez vérifier ce proverbe selon lequel un "Chinois mange tout ce qui a quatre pattes, sauf la table". Ici, on déguste donc chinois et plus particulièrement sichuanais jusqu'à privilégier abats mais aussi piment. Les préparations bénéficient d'un soin remarquable, la plupart réalisées à partir de produits frais. On accompagne son repas avec un thé ou une bière et on se plonge sans retenue dans ce voyage gustatif assez unique  à Paris.


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Montana by Ticca
Restaurant

Montana by Ticca

Après l’épatant Ristorantino Shardana, en activité depuis déjà quelques années, le chef Salvatore Ticca vient tout juste d’inaugurer Le Montana by Ticca. Si sa première adresse ne jurait que par la cuisine traditionnelle sarde, ici tout est différent… enfin presque. Mitoyen du Café de Flore, le Montana by Ticca se veut glamour, chic et moderne. Le restaurant occupe les deux premiers étages de l’ancien hôtel Montana, ainsi que sa superbe terrasse au huitième. Cette dernière, dédiée aux apéritifs dès la belle saison, offre une vue époustouflante sur la ville. Mais venons-en au contenu de l’assiette. Selon les intentions du chef, le restaurant se veut gastronomique en proposant un large éventail de spécialités de la « Botte » (arancini, gambero rosso, agnolotti de plin, lasagna…). La touche sarde reste cependant présente, notamment en matière de vins, avec des plats traditionnels réinterprétés. La sauce tomate qui accompagne traditionnellement les culurgiones (sorte de raviolis sardes) est remplacée par un fond brun de veau versé devant le client.  C’est une cuisine de mixité, où les huîtres aux arômes de pomme et d’agrumes côtoient le carpaccio de sériole et le poulpe rôti. Le résultat n’est pas toujours aussi convaincant qu'espéré mais rappelons que le restaurant a ouvert voici moins de quinze jours. 

 

 


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