Coquin
Restaurant

Coquin

A la question quelle cuisine trouve-t-on chez Coquin? La réponse est "toute". Pas vraiment rassurant surtout si on se plonge dans la grande carte au format A3 réunissant  pêle-mêle registres du monde entier, foie gras maison, burgers, lasagnes ou bobuns... L'établissement, plutôt vaste avec ses deux grandes salles, affiche une décoration moderne et soignée et soigne son accueil, toujours chaleureux et professionnel. Mais la (bonne) surprise vient en fait des plats, car avec une telle diversité de cuisine, on pourrait s'attendre au pire… Le jour de notre passage, des chicharrons généreux et réussis (le chef est d'origine sud-américaine), un carré d'agneau passé à la rôtissoire et juste bluffant. Seul le dessert laissait à désirer, car trop sucré. Sélection habile de petits vins passe-partout et pas chers du tout qui permettent de passer un bon moment. 


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Signature Montmartre
Restaurant

Signature Montmartre

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Le jeune couple franco-coréen aux manettes de ce petit restaurant confidentiel a réussi l'impossible, imposer dans cette rue riche en attrape-touristes une singulière cuisine, à savoir née de la fusion entre le registre français et coréen. Victor en salle, très précis et attentionné, transmet sa passion de produits sérieusement sourcés (remarquable pigeonneau de Pornic de Marie-Samuelle Bourreau) et conseille idéalement les vins. Les deux cheffes (salé et sucré), toutes deux originaires du Pays du matin calme, maîtrisent une carte élégante et subtile dans les associations jusqu'à garder le meilleur des deux cultures. Les bouillons et jus sont ainsi marqués par leur justesse et servent parfaitement la composition soignée des plats. A moins de cinquante euros le menu du dîner au cœur de Montmartre, on signe tous les jours pour y retourner.

 


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Restaurant Rochechouart
Bistrot

Restaurant Rochechouart

Un bon bistrot
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La salle à manger à l’imposante hauteur de plafond invite à revivre l’âge d’or de la brasserie parisienne. Tables nappées impeccables, serviettes épaisses, banquettes confortables ou assiettes aux armoiries du lieu, chaque détail participe à cette douce nostalgie. Sans oublier surtout la restructuration même de l’hôtel abritant le restaurant et gérée par le cabinet Festen qui a donné naissance à un décor réussi mettant en scène le Paris des Années Folles. La carte revisite gentiment la cuisine de tradition bourgeoise, jusqu’à s'essayer à des pointes de modernité. Crème dubarry - devenue trop rarissime à Paris - carottes Vichy ou os à moelle côtoient tartare de dorade épicé, gravelax de bœuf et risotto de sot-l'y-laisse aux girolles. Quelques jours seulement après l’ouverture, de petits ajustements s'avèrent encore nécessaires (assaisonnements faiblards notamment). À ne pas manquer, les desserts majestueux et vite gargantuesques qu’il fait bon partager. Le bar en haut de l'immeuble propose de siroter des cocktails créatifs avec une vue extraordinaire sur tout Paris. Un rêve !


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Pétrelle
Restaurant

Pétrelle

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Le décor qui accueillait Madonna et autres stars à la recherche d'un lieu confidentiel et so frenchy, a changé. Les jeunes propriétaires ont réussi à garder l'âme de l'endroit, faisant revivre les murs en trompe-l'œil des années vingt découverts durant le chantier, allégeant dès que possible la mise en scène, éclairant chaque table de bougies et renonçant au fond sonore (petit plaisir devenu rare à Paris). Émane de cette salle-à-manger historique une grande douceur qui colle bien au registre culinaire de la cheffe venue des Caves Legrand. Ses assiettes ne manquent ni d'audace ou de caractère, tartare d'agneau que relève la crème d'amande ou moules de Thau que réveille une marinade à la harissa. En plat principal, la sauce dolce forte apporte une touche finale impromptue et bienvenue au veau rôti ou le sabayon au safran trouve vite ses aises avec le rouget bien méditerranéen qu'accompagnent courgettes et fleurs farcies aux herbes. Ce travail de composition autour de saveurs et textures trouve tout son élan et son intérêt avec la sélection de vins choisis par Luca Danti. Rien de surprenant, ce dernier a œuvré aux mêmes caves Legrand et laisse découvrir la sélection pointue de flacons dans un livre de cave en veau naturel confectionné spécialement par un artisan des Causses. Les desserts mettent tout autant en joie et cette adresse a la chance d'être entre les mains d'un duo qui sait exactement ce qu'il veut. Il faut de la personnalité pour réussir dans ce métier et eux n'en manquent surtout pas.


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Frenchie Pigalle
Bistrot

Frenchie Pigalle

Un très bon bistrot
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Grand Pigalle Hôtel, une adresse au nom qui claque et qui renoue avec l’imaginaire du film de Wes Anderson. Le restaurant ne ressemble pourtant en rien à la salle d’un palace de la Mittel Europa, préférant mettre en scène avec une certaine drôlerie les codes des années 70’, banquettes, laiton et céramiques accrochées un peu partout sur les murs. South Pigalle n'a jamais le cœur ou l'appétit tristes, pas surprenant que les tables le long du bar ou sur la terrasse soient vite prises d’assaut, même quand la réservation s’affiche ici impossible. On conseille donc d’arriver tôt (dès 19 heures) ou tard (22 heures) pour profiter de la cuisine d’un chef parmi les plus doués de sa génération. Rappelons que Grégory Marchand a reçu le Lebey de la meilleure entrée en 2015 pour son céleri cuit en croûte de pain et que son Frenchie de Londres a été récompensé dans le Lebey Paris London 2017. La carte invite à une dégustation ludique avec, notamment, de nombreuses entrées qui, à elles seules, permettent de découvrir le savoir-faire de la maison. Des petites portions certes mais à chaque fois des associations fulgurantes comme les tomates associées à des amandes fraîches et à de la tagette aux arômes évoquant les fruits de la passion, des classiques réinventés comme les gougères croustillantes à tremper ici dans du fromage frais (labné) ou des saveurs vite voyageuses comme les agnoletti aux notes fumées et presque empyreumatiques du Lampsung Souchong. L'émotion ne baisse pas lorsqu’arrivent les desserts, tarte aux fraises de concours à la pâte sablée croustillante et si raffinée ou pavlova aux grosses cerises naturelles et pourtant presque confites. La cave joue dans un même registre, sélection à la fois pointue et ouverte sur tous les vignobles au verre comme en bouteille, et service peut-être plus enjoué et sympathique qu’au Frenchie de la rue du Nil. Notre incontestable coup de cœur de l’été 2020.


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Grivoiserie (La)
Bistrot

Grivoiserie (La)

Un bon bistrot
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Quelques tables seulement pour une salle de la taille d'un timbre poste, ce qui explique aussi pourquoi l'adresse s'appelait auparavant le timbre … Et depuis sa reprise par Thibaut Grimmer et Dimitri Devoise, le nom joue désormais avec chaque nom des deux associés, l'un en cuisine l'autre en salle. Dans cette paisible rue Sainte-Beuve, oliviers et lavande délimitent dès les beaux jours la terrasse qui a rencontré un certain succès dès la fin du confinement, enfin de la joie de vivre ! En fait, ce bistrot joue de son nombre de places limité pour distiller ces attentions qui vont droit au cœur, bichonnant, chouchoutant et régalant ses clients. Dimitri a l'œil sur l'assiette ou le verre de chacun, nous proposant dès notre arrivée une terrine de volaille confectionnée avec les carcasses ou abats de la veille, parfumée à la coriandre et qu'accompagnait une focaccia maison servie tiède. Une façon sympathique d'accueillir comme, pour nous, de parcourir la courte carte qui change quasiment tous les jours. Pourtant seul en cuisine, Thibaut suit parfaitement le rythme et sa cuisine se montre bien de saison, proposant des associations souvent malignes (notre entrée à base de cerise, betterave et hareng) et des cuissons bien menées (attention cependant à un beurre émulsionné un peu trop liquide), et soignant aussi ses desserts, le nôtre se distinguant surtout par sa rafraîchissante glace maison à l'anis. Un coup de cœur bien mérité pour ces deux jeunes associés jusque-là inconnus dans la profession.


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Qasti
Bistrot

Qasti

Un très bon bistrot
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On connaît Alan Geaam et son restaurant gastronomique qui aime enrichir son registre de quelques clins d'oeil à ses origines libanaises. Cette nouvelle adresse de ce chef autodidacte lui offre désormais toute latitude pour raconter son histoire (Qasti en libanais) et, sur des bases bien françaises, retravailler les plats de son enfance libanaise. Dans un cadre réussi avec des touches de bleu majorelle et un esprit bistrot assumé, on se régale de ces assiettes multiples et généreuses qui invitent naturellement à la convivialité. 


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Séoul Mama
Restaurant

Séoul Mama

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Bienvenue dans cette cantine coréenne ouverte en septembre 2018 par le chef d’origine indienne Manoj Sharma, ancien du Shirvan Métisse Café d'Akrame Benallal, et par sa femme coréenne Sangmi Lee. La décoration est pensée dans le style années cinquante avec chaises en formica, cassettes, cafetières italiennes. Quant à la courte carte, elle propose des produits ultra frais cuisinés chaque jour dans la petite cuisine derrière le comptoir. En entrée, on recommande vivement d'opter pour les cinq assiettes à déguster façon mezze pour découvrir les saveurs de la maison. Difficile ensuite de faire un choix, car tous les plats proposés témoignent d'un même engagement du chef et d'un même souci de qualité : kimchi ball interprété de façon gourmande avec crevette, riz, mozzarella et une touche de wasabi; mi mandu (dumplings) d’exception car à la pâte réalisée maison et pliée à la main ; dup map aussi généreux que soigné avec ses légumes marinés; ou alléchant curry proposé avec des légumes sautés. Quant aux desserts, ils sont toujours maison et imaginés avec une touche asiatique : matcha ou sakura notamment. Au final, une cuisine fraîche et équilibrée qui assaisonne savamment la cuisine coréenne d’une touche indienne avec, à la clé, des assiettes mordantes et pleines de parfums. Service en salle avenant, on y parle français mais souvent anglais aussi. Petit conseil : pour être totalement dans l’ambiance, il ne faut pas hésiter à demander des baguettes, elles ne sont pas mises d’office sur la table.


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Chantoiseau
Bistrot

Chantoiseau

Un bon bistrot
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Deux frères ont décidé de rendre hommage à l'inventeur du restaurant en la personne de Mathurin Roze de Chantoiseau qui, en 1765, a eu cette idée joyeuse de faire la cuisine pour des "invités" qui choisiraient leur plat et paieraient. Mais c'est bien là la seule référence historique de ce lieu particulièrement impersonnel. Pourtant, les assiettes ne manquent ni de caractère, ni de générosité. Nicolas Durand, passé chez Servan puis Capitaine, maîtrise à la perfection les techniques culinaires qui lui permettent de proposer dans l'assiette une magnifique poularde du Perche en cuisson douce, qui a conservé une tendreté rare. Remarquable entrée aussi ces gnocchis baignés dans un bouillon à la saucisse de Morteau et accompagnés d'un œuf de poule mollet. L'accueil souriant de Julia, le service efficace et la jolie sélection de vins complètent un tableau prometteur pour une jeune adresse à suivre.


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Drouant
Restaurant

Drouant

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Peu de restaurants racontent aussi bien la vie culturelle que le Drouant. L’attribution du prix Goncourt chaque début novembre devient l’occasion d’un mémorable déjeuner. Le menu reste aussi secret que le nom du lauréat, obéissant à un strict protocole : obligatoirement crustacés selon une tradition instaurée par Colette et gibier, à plumes les années paires et à poil celles impaires. Le repas servi en 2025 incarne à la lettre l’esprit de la maison, comme son attachement aux beaux produits : caviar, gelée de cèpes et crème de cresson, suivent langoustines avec tartare et consommé rafraîchi, puis queue de homard confite au beurre d’algue, lièvre à la royale et langue d’oursins, charolais en guise de fromage avant des pommes flétries rôties, poire crue, crème fouettée et noix fraîches. Proposé jusqu’à la mi-décembre aux clients du restaurant, le festin du Goncourt a ses habitués. Une seule préoccupation semble animer la maison, le bien-être du client, tous les jours de la semaine, dimanche inclus. Le directeur, James Ney, impose son style et une dynamique en salle qui font plaisir à voir. Le chef, Romain Van Thienen, excelle dans les classiques parisiens ou envies de saison. Le lièvre à la royale, le pâté en croûte aux trois viandes, le vol-au-vent sauce Albuféra constituent autant de traces d’un héritage culinaire dont les Gardinier, propriétaires de l’endroit, se veulent les exigeants récipiendaires. Lors de notre passage, le poireau vinaigrette trouvait grâce dans l’exercice toujours périlleux que constitue la remise au jour d’un classique bistrotier : travaillé tel un sushi et, surtout, nappé d’une sauce à base de pois chiches à la texture parfaite, puissamment parfumée grâce à l’ajout d’huile du légume et d’un soupçon de balsamique blanc. Même bonheur avec la profiterole, remarquable de justesse. Le magret de canard ne suscitait pas autant de curiosité, même s’il trouvait dans le côtes-du-rhône recommandé par le chef-sommelier Guillaume Sicsic son meilleur faire-valoir. Car, l'autre raison de venir ici, reste la cave, passionnante à parcourir, toujours à dominante de rhônes comme à l'époque l’avait élaborée Antoine Pétrus. Impressionnante et tellement juste dans ses choix qu'elle reste pour nous un modèle du genre, méritant plus que jamais son "Lebey de la meilleure carte des vins" décerné en 2020. Pierre-Yves Chupin


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