Kalank
Bistrot

Kalank

Un très bon bistrot

Le patron est marseillais, le chef est breton. Et si l'un est disert sur sa collection de pastis divers et variés, une bonne dizaine, le second s'affaire sur ses panisses sauce aïolive, qui font la paire avec le <p'tit jaune>... comme sur le Vieux Port. Trait d'union, on l'a compris, la Méditerranée en morceaux choisis, délivrés dans une petite salle lumineuse car vitrée, avec ce qu'il faut de rotin, osier, paille, bouquets secs... pour renforcer cette impression de transparence champêtre, sereine et méridionale. Le "On dirait le Sud" est parfois personnel dans l'assiette, avec un gravlax de veau de bonne mâche, taquiné de gel orange, origan et gomasio retravaillé façon garrigue. Mais met dans le mille au chapitre Saint-Jacques: de superbes noix de Saint-Brieuc, posées sur une sauce bourride d'anthologie au safran, dans laquelle on s'empresse d'écraser les pommes de terre à la crème d'aïoli, de puissance attendue et sans concession. Parcours final, soit un saint-marcellin affiné à l'huile d'olive (on aurait préféré un banon, petit chèvre nettement plus couleur locale) ou un riz au lait renforcé de crème double, mêlé de calisson, melon, orange, fleur d'oranger et amandes. Même tropisme méridional en soirée où le filet de cochon s'accompagne de polenta croustillante et de myrte, et où le risotto se mijote à la barigoule d'artichaut, mais surtout au riz de Camargue. Bien vu. Gilles Dupuis 


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Raymonde (chez)
Bistrot

Raymonde (chez)

Un très bon bistrot

En matière de bistrot, il est des juges de paix : céleri rémoulade, œuf dur mayo, terrine, frites. Ici le premier, croquant frais du matin, enrobe son assaisonnement de moutarde en grains agaçant les papilles, apaisées cependant par des lamelles de pomme fruit; le second (cuisson parfaite) se coiffe d'une mayo nappante à l'ail noir (la coqueluche du moment) et de chapelure; la troisième est de rillettes, servie à volonté, estampillée maison, comme les frites; lesquelles croustillent bien, quoique avec quelques bâtonnets mal épluchés, péché véniel  puisqu'elles sont bios (rappel, pesticides et autres cochonneries se lovent dans la peau des patates). Une bonne intro pour ce troquet d'angle, ripoliné de clair, grands miroirs, comptoir en demi-lune, mobilier canaille, frigos d'époque parfaitement restaurés, banquettes moleskine, tireuses à bières en cuivre. Respect!  Aux commandes, un ancien du Figaroscope de la grande époque et un conseiller-restaurateur débonnaire de la bistrote parisienne depuis 30 ans, Gilles Besnard (Quedubon, etc. on vous passe le curriculum). Le duo se plie aux rites du troquet éternel, menu déjeuner  à tarif amical (23 euros pour salade de fromage de tête, cuisse de pintade et panna cotta), y ajoutant un semainier, saucisse aligot, pâtes fraîches du chef (italien), poulet fermier rôti du samedi... Et sait l'enrichir de propositions diverses à la carte, os à moëlle, poêlée de vernis, foie de veau, pavé de bœuf jus de viande, poisson du jour plancha, croûte d'herbes et tombée de blettes. Quant aux projets à venir... il s'agit de faire vivre la maison dès 8 heures du mat', doper le bar aux vins au verre et aux charcuteries de Lacaune, et d'offrir une terrasse de près de 20 couverts, dans un passage-villa de tranquillité totale.


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Langosteria
Restaurant

Langosteria

Un bon restaurant

L’adresse dédiée aux poissons, coquillages et fruits de mer, inspirée du registre italien comme l’a imaginé son fondateur Enrico Buonocore, a ouvert pour la première fois en dehors de la péninsule ici à Paris. Si le concept a fait ses preuves, son installation au dernier étage du prestigieux Cheval Blanc en fait une vitrine unique pour partager déjeuner ou dîner de façon spectaculaire, le centre de Paris, ses ponts, ses clochers et sa tour Eiffel juste à vos pieds depuis la terrasse comme de l’espace intérieur ouvert sur les cuisines. Pas de viande donc mais une carte dédiée à la grande bleue, servie élégamment et dans la bonne humeur. Registre en fait très ouvert entre le cru, les fritures, la pêche du jour et les pâtes. La friture Langosteria comprend essentiellement des calamars - gambero rosso et langoustines hélas parents pauvres d’un plat pourtant iconique. Heureusement la mayonnaise à base de wasabi apporte de la gourmandise au céphalopode. Meilleure pioche avec les spaghettis aux oursins, pas moins de cinq pièces tout droit venues de Galice, et une sauce à la fois puissante et généreuse. Et si le tiramisu est présenté comme l’un des meilleurs de Paris, nous soutenons sans problème le verdict. À la fois aérien, parfaitement cacaoté et « caféoté ». Dans cet antre du luxe et de l’élégance internationale, quelques faux-pas cependant. Avec le champagne servi en apéritif (blanc de blancs Ruinart à 44 euros), il a fallu demander quelqu’accompagnement (en fait olives et amandes), pas d’huile d’olive non plus pour accompagner le pain qu’on aurait préféré remplacé par une gourmande focaccia, et un café lui aussi bien seul, sans même un chocolat Gianduja pour faire comme là-bas. De telles attentions manquent encore plus quand arrive l’addition… Pierre-Yves Chupin


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Cave des Abbesses (La)
Bistrot

Cave des Abbesses (La)

La marquise qui chapeaute l'entrée est un indice : désuète, voire historique, tant ces avant-propos boutiquiers ont disparu du paysage parisien. Une signalétique à laquelle s'ajoute l'enseigne « La Cave des Abbesses depuis 1962 » (ou Caves Bourdin) où la valse des bouchons et des boutanches peut se faire en deux temps: en terrasse autour d'une verre et d'une assiette froide, ou, dès les premiers frimas, dans un speakeasy, confidentiel donc, mais connu des affidés, installé en fin de parcours entre deux murs de casiers bourrés de quilles. Sans exclusive et non <genré>, puisque le nature arverne de Miolanne flirte avec le vin orange biodynamique du domaine de l'Envol alsacien et le châteauneuf Beaucastel. Et pour prendre langue avec le programme du moment, une carte biface. D'un côté, des solides très solides, charcuteries essentiellement de chez Mas dans le Cantal, huîtres du Cotentin, foie gras, légumes grillés, tartinades, chèvre fermiers, comté, saint-nectaire... De l'autre, une large sélection du moment, en quilles ou au verre, du crémant de bourgogne Bailly-Lapierre (5 euros) au gevrey vieilles vignes 2023 de Sylvie Esmonin à 132 euros, en passant par Foillard, Pellé, Picq, Landron, etc. Mieux, ici ça déborde de partout, que ce soit les assiettes de charcuteries (avec cornichons à foison et beurre demi-sel Charente-Poitou, emballé dans un cylindre argenté), qui ne passent pas par un pèse-lettre, ou les verres de 12 cl servis davantage en 15 cl. Bref, une bonne tradition de générosité fouchtrate, voiturée par un service placide, débonnaire et compétent, ancré dans son quartier et assez indifférent à la manne touristique. Laquelle n'a pas vu disparaître l'emblématique Pomponnette de la rue Lepic et la réduction a minima du comptoir de la Mascotte voisine, dont l'animation valait beaucoup à l'inoxydable Michou aujourd'hui disparu... et à ses copines. Gilles Dupuis


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Avant-comptoir du Grouin
Bistrot

Avant-comptoir du Grouin

Un bon bistrot

Entrepôt, loft, atelier, remise, plus sûrement rustique taverne gauloise à tonneaux, sanctifiée arverne (superbe zinc Nectoux à rallonge), l'ex-Pointe du Grouin de Thierry Breton est passée dans l'escarcelle d'un neveu d'Yves Camdeborde, l'avisé créateur des Avant-Comptoir (trois au Quartier Latin). Lequel a sûrement suivi les conseils de Tonton, à savoir qu'on ne change pas d'artisans qui gagnent (huîtres de Dupuch, <cochonstées> d'Ospital, de Parra...), ni de formule (tapassiettes), voire de recettes (terrine de campagne façon Régalade) mijotées souvent à la sauce sud-ouest (fricassée de cœurs de canard). Quoique, à la lecture de la carte, on se sente un peu paumé avec près de 50 propositions, dont notre cochon en oreilles, grouin croustillant, poitrine, saucisse, ou côte Ibaiana pour deux (64 euros), sans oublier les plats du jour (servis de 12 à 15h). Ouf ! En tous cas, un vrai buffet en non-stop à 3 minutes de la Gare du Nord, ça ne se manque pas, sans comparaison avec les nourritures étiques qu'on ingurgite en attendant son TEGEVE. Mieux encore, une petite niche est réservée aux végétaux, artichauts vinaigrette, poireaux nori sauce aigre-douce, chou pointu au labneh. En travaux pratiques, ça coince pourtant un brin, nos deux variétés de croquettes, étant garnies d'une sorte de pâte sans saveur. La belle reprise de volée est pourtant là avec cet épeautre croquant, harmonieux et puissant, associé à un terre-mer (chorizo-seiche), qui rappelle le meilleur de Tonton Camdeborde, tout comme la (fausse) mousse au chocolat à l'huile d'olive, plutôt une crème servie tiède du meilleur effet. Pour les beaux jours, la petite terrasse divine en zone piétonne. Gilles Dupuis


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Aporrhais (L')
Bistrot

Aporrhais (L')

Un bon bistrot

Le restaurant porte le nom d'un mollusque gastéropode que l'on ramasse certainement sur cette plage de la Govelle qui fait face au restaurant. Entre la chic pointe de Penchâteau au Pouliguen et le charmant village de Batz-sur-mer, la Govelle est à marée haute le rendez-vous des surfers et à marée basse celui des familles ou des promeneurs. Voire des bons vivants en quête de produits authentiques réunis sur la terrasse confortable ou dans la salle intime. À la carte, la pêche locale occupe l'essentiel du menu, langoustines du Croisic, fraîches du jour et généreuses avec pas moins de 300 g par assiette, couteaux ou palourdes farcis avec persillade si digeste et qui embaume les tables, ou rillettes de poisson maison à acheter aussi sur place ou poissons du jour. La choucroute de la mer garnie de saumon, cabillaud, haddock, langoustines, moules et coques, s'accompagne d'un beurre blanc qui sublime l'acidité du chou. Les cuissons restent l'apanage du chef, seul maître à bord en cuisine et qu'accompagne uniquement en salle son épouse : sole généreusement cuisinée au beurre ou aile à la grenobloise avec ses petits croûtons dorés. Pas de viande ou autres produits "étrangers", mais une courte carte de desserts classiques défendue par un chef se revendiquant à l'ancienne. Sélection de vins réduite et qui mériterait quelques trouvailles. Mais quand le muscadet est bien choisi - ce qui est ici le cas -, que demander de plus face à un océan aussi magique ? Pierre-Yves Chupin 

 


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Bistrot de Breteuil (le)
Bistrot

Bistrot de Breteuil (le)

Un bon bistrot

"Bistrot, mon œil" persiflait en substance et gentiment Le Petit Lebey des Bistrots Parisiens millésimé 2003... évoquant plutôt une brasserie cossue, toujours d'actu', et son ample et replète terrasse flirtant avec les 100 couverts, le tout stratégiquement vissé sur une place de beau diamètre. A l'époque, pas si lointaine, elle faisait un tabac d'enfer avec sa carte-menu, vin et café compris, à 29 euros, formule low-cost dupliquée en cinq autres établissements aux destinées qui furent diverses. Présentement, on y retrouve ce qui fait le sel du genre, brassage de clientèle, service actif et millimétré, indispensable semainier, propositions attendues (œuf mayo poutargue, huîtres, pavé d'Angus béarnaise, côtes d'agneau haricots verts, turbot sauce hollandaise, île flottante....), lestées d'exotisme passé dans le langage culinaire commun, houmous et pois chiches, tarama et tzatziki, chili con carne, riz sauté au poulet façon thaï, tataki de thon et choux vinaigrés, churros croustillants sauce chocolat... En travaux pratiques, cela donne des calamars frits (bonne panure) en extinction d'iode mais mayo percutante car pimentée; un poulet au vin jaune, volaille extraordinaire de qualité sur laquelle on aurait du verser une rasade en sus de savagnin, avec des morilles en strass et de bonne frites maison qui évitent heureusement l'imbécillité ambiante des "frites à la peau" ; et un duo de sorbets Berthillon histoire de renouer avec un dessert madeleine. Bref, un parcours plus sécurisé qu'extatique, ce que l'on attend d'une brasserie qui a en outre le bon goût de conserver des horaires élargis (8h-22h, voire 23h en été) et de tenir en laisse ses additions (hors spécialités), grâce à un large choix d'entrées-plats-desserts pour 45 euros. Gilles Dupuis


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Indécises (Les)
Bistrot

Indécises (Les)

Un bon bistrot
♥︎

Attaquer au p'tit noir à 8 plombes du mat', en bas de chez soi, avant de partir au taf' (métro ou biclo), c'est un mini-plaisir qui met dans les meilleures dispositions. Peu importe que le bistrot, le troquet, ait de la patine ou pas, l'essentiel étant qu'il réponde présent, comme ces Indécises, à l'embrassade de deux rues qui donnent sur une placette chou comme tout. Nicolas Schweri qui a repris l'affaire (en compagnie d'un associé), l'avait dans le collimateur depuis qu'il était minot, habitant juste en face. Avec l'idée de faire perdurer, à travers cette acquisition, la vie de quartier. Mais aussi grâce à un certain bagage pro, famille de restaurateurs, lui-même cuisinier (passé par J'Go, Astier, son voisin de l'autre côté de la rue...) lui permettant d'appliquer les bonnes recettes du genre. Et en tête de gondole, un menu et un semainier (renouvelé chaque trimestre), joues de bœuf, cuisse de canard confite, blanquette de veau à l'ancienne, etc. L'important est ici de rester dans les clous du qualitatif, foie gras de canard mi-cuit maison si l'on veut faire, modestement, cramer sa carte bancaire, comté et jambon au torchon pour le croque, tartare de bœuf charolais au couteau, croquantes frites maison, brioche façon pain perdu... Tout en assurant du non-stop pour petites faims, du croissant à l'apéro vespéral, qui passe par brioche Bénédicte, fuet (saucisson catalan), assiette de charcuteries, fromages, frites... Bref, la maison est neuve, devrait étoffer un brin sa sélection de vins avec des références plus malignes, renoncer à la glace industrielle de la profiterole et renouveler sans doute plus fréquemment son semainier. Mais le pari du bistrot en chaussons, ouvert 7 jours sur 7, est tenu. Gilles Dupuis


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Dandelion
Restaurant

Dandelion

Un bon restaurant
♥︎

Modeste et chic, ça existe? Oui, sans antinomie chez Dandelion, qui s'habille simplement de grège, pierres apparentes, béton ciré et mobilier bistrot, dans un Paris-Villages encore populaire, mais qui dégaine rouget de ligne, oursins, truffe noire, poulette de Racan et Saint-Jacques de Dieppe comme un resto huppé. C'est là qu'Antoine Villard, ex-Septime et Double Dragon, et Morgane Souris, sommelière, ont posé fourchette et tire-bouchon proposant des assiettes appétantes, parfois d'esprit classique mais titillées de saillies inspirées (la volaille sauce poulette fouettée de fino à la manière d'un vin jaune) ou ramassées (cavatelli maison à la Melanosporum, de pleine saison). Mais le chef pousse parfois les assaisonnements dans des retranchements ultimes. C'est le cas de la seiche en tagliatelles courtes, associée au céleri rave mandoliné en combinaison osée de combawa, cédrat, jus de clémentines pimenté de Sicile, poutargue. Lumineux de fraîcheur avec ce combat de saveurs où l'acide et l'amer finissent par dominer. Plus apaisé et déjà culte, le ris de veau au barbecue moelleux comme oreiller (possiblement déglacé d'un jus de veau réduit?) se contente de feuilles de chou croquant apaisant un court bouillon de saté aux crevettes. Et curieusement accompagné aux marges de l'assiette d'un kosho de citron Meyer surpuissant qui, mis en œuvre, pourrait tuer la délicatesse de l'abat noble. Le chou à la tropézienne (vanille-citron, crème diplomate) caramélisé d'enfer, lui, met tout le monde d'accord en fin de course, dessert devenu également un indéboulonnable de la carte. Osée, surprenante, la gamme est de celle qui donne envie de bisser, d'autant que le service est souriant, avenant, compétent, et que nous avons déjà dans le collimateur la terrasse à venir, posée sur une placette arborée, très villages donc. Gilles Dupuis


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Petit Bleu
Bistrot

Petit Bleu

Un bon bistrot

À deux pas de la place du marché de Dinard, Sélène et Enzo ont transformé l'ancien Balafon en un Petit Bleu qui leur va si bien. La maison de ville lumineuse en pierre avec les touches bleues nécessaires fait l'animation d'un quartier aussi central avec sa terrasse quand l'intérieur, lui, accueille avec un accrochage réunissant les dessins ou toiles signés du jeune couple. Ils se sont rencontrés à l'institut Paul Bocuse (désormais institut Lyfe), partagent un même sens du bonheur et de l'hospitalité, même s'ils ne possèdent pas forcément les codes de la profession… Si Dinard et toute sa côte multiplient les bonnes adresses avec des chefs dument reconnus, il est rare dans cette Bretagne chic et distinguée de rencontrer comme ici un tel sens de l'accueil. Voire de se sentir un peu à la maison. En cuisine, Enzo propose chaque semaine une nouvelle carte autour d'un poisson, d'une viande ou d'un plat végétarien. Quelques inspirations bien de l'époque pour les entrées avec des épices dont la région est devenue ambassadrice, et des produits d'une réelle fraîcheur travaillés avec sincérité et surtout générosité. Des portions conséquentes donc et réjouissantes pour les filets de rouget qu'accompagne une comptée d'endives et un beurre rouge bienvenu avec échalotes et vin rouge. Les desserts mériteraient peut-être plus de concision et la carte des vins choisis par le couple au fur et à mesure de leur pérégrination dans le vignoble s'affiche sympathique avec pas moins d'une centaine de références. Pierre-Yves Chupin


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