Lissit
Bistrot

Lissit

Un des meilleurs bistrots de la ville

Charcutière! Il est rare que ce métier se décline au féminin, si ce n'est pour qualifier l'épouse d'un roi du boudin ou d'un empereur du pâté de tête, rivée à la caisse comme attentive vigile. Excepté chez Lissit, petit boyau (les places y sont chères) heureusement enrichi de guéridons miraculeux en terrasse estivale. Y officie une fêlée du jambon de Bourgogne, une fée du boyau, Claire Grumellon, auparavant au Vaillant dans le Xème, que nous avions manqué. On a perdu un temps précieux, raison de plus de s'astiquer le palais de ses compositions pétries, d'évidence,  de personnalité, voire de provoc'. Ici, enjambez d'abord velouté froid de tomate et tartare de thon blanc de Saint-de-Luz; sans aucun doute vertueux, on n'a rien contre mais on n'est pas venu pour cela. Davantage pour le pâté en croûte replet, de taille imposante (il prend la place d'un plat) et farci de concupiscent cochon, plus encore de foie gras et gésiers, une rareté, et d'une brune et profonde gelée, œuvre de réduction de bouillon d'os et autres. Puissant. Puis on frise le nirvana avec une tatin de poire et boudin noir, reposant sur une pâte brisée, phénoménale d'harmonie, au goût de (presque) trop peu! La fête n'est pas finie, on s'obstine en attaquant une saucisse de cochon et moules (vous avez bien lu!) discrètement iodée comme sa purée marinière. L'hallali? Une diabolique saucisse de cou de caille, entièrement désossée puis farcie dans sa peau, accompagnée de gribiche,et servie avec deux têtes de volatile posées dans l'assiette. Du gore comme on n'en avait jamais vu, une vraie poilade que ne partagera pas forcément votre commensal(e). Gilles Dupuis


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Babi
Bistrot

Babi

Un des meilleurs bistrots de la ville
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La jeunesse en étendard, les sourires et la bonne humeur en bandoulière, l'équipe de Babi illumine la rue Mandar chaque soir. Dans une ambiance disco chaleureuse, leur partition culinaire détonne. On casse les codes ici, on mixe, on mélange, on revisite, on se remet en question sans cesse pour trouver de nouveaux tours, étonner et ravir les clients devenus spectateurs d'un show assez unique dans son genre. Sous des intitulés amusants, un tantinet générationnels, se cachent de grands plats. "Porco Rosso" - pour une poitrine de porc cuite en basse température pendant pas moins de 36 heures après avoir été marinée au miso rouge - offre une texture similaire à celle d'une moelle de bœuf avant d'être pané au panko jusqu'à devenir croustillant. Bonne idée aussi l'accompagnement : une sucrine brûlée à la flamme et un condiment au cresson frais pour réveiller les papilles. Quant au "Pigeon in vitro", il accompagne la volaille désossée et farcie au riz vinaigré et aux algues, d'un jus acidulé aux fruits rouges. Même pour un dessert qui peut sembler plus conventionnel - "Babka perdue" - le chef ose une glace à l'échalote noire. Il y a un talent fou en cuisine mais aussi en salle. Le sommelier fort compétent aime raconter ses vins comme de belles histoires d'amour. Sa sélection, originale et qui sait quitter les frontières, se marie à merveille avec le registre du chef. Arnaud Morisse 


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Duvin
Bistrot

Duvin

Un des meilleurs bistrots de la ville
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Bon sang ne saurait mentir. Quand des anciens du Bon Georges voisin décident de faire sécession, ils font plutôt sensation. Fort d'une cave déjà impressionnante - Pierre Vaïsse, Jean Foillard, La Taille aux Loups, Emmanuel Reynaud et son Château des Tours et Raya, ils sont tous là et à des tarifs raisonnables - l'ardoise s'amuse avec les grands classiques bistrotiers pour les traiter au meilleur. Un poireau vinaigrette? Oui, mais avec une déclinaison réalisée à partir de l'intégralité du légume et en jouant sur les cuissons (vapeurs, grillé, flamme). L'œuf mayo se montre tout aussi exemplaire. Mais, parmi les classiques ici mis à l'honneur, la mousse de foies de volaille mérite toute l'attention avec ses foies marinés pendant trois jours dans du porto. Le chef belge affiche un même talent pour les sauces tel le jus dense et puissant servi avec le filet de boeuf Wellington ou pour les frites fidèles à son pays d'origine, cuites à la graisse de bœuf dans pas moins de trois bains de friture. Pierre Guignard, le propriétaire, en a fait un rendez-vous de bons vivants, les bonnes bouteilles aidant certainement à la bonne ambiance entre les tables. 


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Brasserie Baroche
Restaurant

Brasserie Baroche

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David Baroche signe avec son établissement le retour de la la brasserie de qualité à Paris, à quelques mètres seulement des Champs-Élysées. Ouvert dès le petit-déjeuner jusqu'au dîner, l'espace se module sur les deux étages selon les envies de la journée jusqu'aux tables éclairées à la bougie pour des fins de journée plus romantiques. Détails tout aussi soignés dans le choix du pain, dans la sélection de fromages et dans la cave bien fournie avec, comme dans les grandes maisons, ce souci de rafraîchir les verres pour le service des blancs. La carte sait faire le grand écart entre le grignotage chic (remarquable croque-monsieur), les classiques de toujours (saucisse à l'onctueuse purée) ou les préparations plus engagées (beurre blanc aux agrumes avec le poisson du jour). En cuisine, le registre colle aux saisons, respecte au mieux le produit et honore ce professionnel hors pair qu'est David. Rappelons que son pâté en croûte servi ici est arrivé quatrième au championnat du Monde 2016. Notre dessert montrait une même exigence, une tarte normande aux abricots et à la rhubarbe, servie tiède avec une onctueuse crème fraîche. À en faire sa cantine. 


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Sensation
Restaurant

Sensation

L’ancien chef de la seule table chinoise étoilée de France au Shangri-La vient de s’installer à son compte. Fini les ors du palace ou le service grand style, il privilégie désormais un accueil plus proche de celui d’un bistrot de quartier pour faire découvrir ou redécouvrir la cuisine cantonaise. Et notamment son canard laqué qui suit la recette du Shang Palace, servi avec des crêpes à la farine de riz, un jus puissant et la peau croquante de la volaille. La carte invite à partager des entrées bien inspirées comme les raviolis de porc et crevettes, ou les croquettes de crevettes. Sans oublier de garder un peu d’appétit pour les desserts, ici nullement anecdotiques comme dans la plupart des restaurants chinois. Et notamment la tartelette au thé oolong associée avec une glace au sésame noir. Tout aussi heureux, la cave bien fournie, bien expliquée et bien présentée. Pierre-Yves Chupin


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Brass
Restaurant

Brass

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Commençons par la deuxième étape... la descente de cave. Poussez l'huis, au figuré, en demandant la carte des vins, presque un délit d'initiés (elle n'est pas proposée d'emblée), après avoir pris soin, au cas où, de capitonner votre carte bancaire: belle collec' de classés bordelais épanouis (Yquem 2005 à 500 euros), Trévallon, Terrebrune, Clos des Fées, Pacalet, Gangloff, Gauby, Rare de Piper-Heidsieck, Grange des Pères... et pour couronner le tout, une pepite, monthélie rouge 2022 de Coche-Dury (205 euros). Un parcours certes pavé d'incunables, mais qui, en dehors de ceux-ci, est balisé des flacons aux tarifs sans coups de fusil. C'est l'un des atouts de cette brasserie d'angle cossue au camaïeu de bruns et terrasse forcément bruyante (le boulevard ne fait pas de cadeau), qui pianote (il y a d'ailleurs un superbe demi-queue qui trône à l'entrée des lieux), sa gamme avec l'aisance de vieux briscards ayant pigé l'essence du moment: fournisseurs verrouillés (saucisson Ospital, tarama Petrossain, saucisse au couteau, bio...), semainier malin (tomates farcies, moules frites, navarin d'agneau printanier, poulet rôti du week-end, « comme à la maison, ou presque »), éclectisme bienvenu (saumon à l'oseille, foie de veau au vinaigre de framboise, lobster roll, salade caesar, T.bone pour deux...), accompagnements au choix (frites maison, haricots verts, riz basmati...). Pas de révolution certes, c'est le propre du genre, mais de quoi éveiller les appétits: œufs durs mayo aux graines de moutarde, rafraîchis de filaments de salade et de cébettes (bien vu), goujonnettes de sole en version académique, citron, sauce tartare, et persil frit, escortées d'une purée robuchonienne en diable, parfaite tarte aux framboises posées sur une mousseline vanille. On a raté (près de 10 minutes d'attente), la mousse au chocolat soufflée chaude, ce sera pour une autre fois. Gilles Dupuis

 


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Alt
Bistrot

Alt

Un très bon bistrot
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Bistrot emblématique du seizième arrondissement depuis des dizaines d'années, l'Auberge Saint-Jean-de-Luz n'est plus. C'est un jeune couple coréo-japonais qui a repris l'affaire pour un changement tout en douceur. La salle, sagement rafraîchie - elle en avait besoin - s'organise toujours autour du comptoir en formica, de quelques tables - cinq exactement - nappées de blanc, et d'une poignée de vieux cadres aux murs. Pas d'autres fioritures à déclarer, l'aménagement s'affiche épuré ou un peu vide, c'est selon le goût ou la sensibilité de chacun. Côté cuisine, c'est tout l'hexagone qui est à l'honneur, et plus seulement le Pays basque. Les plats inspirés d'un registre bourgeois savamment modernisé et maîtrisé, régalent, saveurs affirmées et portions généreuses à la clé. Le large médaillon de foie gras confit repose sur une brioche juste toastée et s'accompagne d'une poêlée de girolles et de pourpiers à la fraîcheur exemplaire. À noter, dès cette entrée, des assaisonnements d'une remarquable justesse. Pour suivre, le magret de canard cuit à la perfection trouve toute sa gourmandise dans une sauce au porto nappante et des haricots verts juste croquants et crémés au parmesan. Le dessert perpétue le doux voyage :  jolie coupe de fraises qu'agrémentent un crémeux citron, un feuilleté garni de crème pâtissière et de crème au thé earl-grey. Voilà une adresse hors du temps qui impose à sa façon son tempo gourmand. La cave devrait s'étoffer, même si elle réjouit déjà avec les chenins du domaine Bonnigal Bodet, les chablis ciselés du domaine De Oliviera Lecestre ou les cuvées du domaine le Sang des cailloux. Arnaud Morisse


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Maison Avoise
Restaurant

Maison Avoise

Un bon restaurant
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Le fort d'Issy-les-Moulineaux qui protégeait jadis Paris abrite désormais ce restaurant avec terrasse, jardin suspendu, potager et salle voutée. Sous les arches aux pierres ancestrales, les sièges contemporains et confortables attestent de l'attention apportée aux détails et au soin apporté à l'art de la table, tels les menus savamment pliés façon origami. Alexis Voisinet aime inscrire le repas dans un moment esthétique et convivial jusqu'à venir servir le plat principal à chaque table. En ce jour estival, le jeune chef formé notamment auprès de Guy Savoy et de Jean-François Piège, affiche les réflexes d'un professionnel averti, proposant une tartelette au fenouil à la base confectionnée à partir des restes de pain de la veille ou un sorbet glacé au concombre en guise d'amuse-bouches avant une assiette d'haricots verts savamment présentés et recouverts d'un sabayon à l'oseille qui, peut-être, manquait d'un peu de pep's. Il s'ingénue surtout à défendre un registre gourmand, s'appuyant sur des bases techniquement irréprochables, bœuf Montbéliard aux notes fumées, canard dans un accord sucré-salé grâce à la présence d'abricots et de sureau. Sans oublier le ris de veau, plat ici incontournable, croustillant à l'extérieur et fondant à l'intérieur, au jus confectionné à base d'un puissant fond de veau, auquel des zestes apportent une touche presque méditerranéenne et qu'accompagnent les pommes de terre Jacqueline, héritage de sa grand-mère. Le dessert à base de noix de macadamia - si peu utilisées en pâtisserie - et de vanille de Tahiti joue d'une grande élégance à l'œil comme au palais, sucre parfaitement équilibré et mâche bien gérée. La salle affiche jeunesse et professionnalisme, au service d'un client qu'il souhaite heureux. Mission réussie si l'on en juge les tables qui nous entouraient. Pierre-Yves Chupin 


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Chaise Haute (La)
Bistrot

Chaise Haute (La)

Un très bon bistrot

L'avant-propos, un sorbet tomate et crumble au parmesan, est de ceux qui clouent le bec: suave, puissant, estival de circonstance. Il illustre ici une dilection sobre pour le végétal, fruits, légumes, que ce soit dans ce combiné kiwi-agrumes caressant le poisson mariné minute ou les généreuses aubergines au miso d'un merlu à la peau croquante ; que l'on a quelque mal à cocher, tant le quasi de veau aux artichauts barigoule ou le classique pigeon en deux cuissons et son jus sont tentateurs. Le jeune couple qui a repris cette table, fonctionnant en diarchie classique, lui au piano, elle à l'accueil-service, sait jouer de la saison et d'un marqueur léger en produits nobles (sole, ris de veau) hors carte du moment. Un pas de deux auquel le cadre fait écho, dans un style composite, lambris vert bocage, murs blanc cassé, appliques circulaires en métal, tomettes à l'ancienne et sièges très enveloppants. La maturité n'est pas loin (excepté pour les tomates acides), et l'esprit ludique est également présent à l'instar de ces glaces et sorbets maison (vanille, fraises, pêche, rhubarbe, crème de marron) mis en scène en <shot>, à accompagner expressément du saussignac vendanges tardives. Gilles Dupuis


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Elbi
Bistrot

Elbi

Un des meilleurs bistrots de la ville

Des feuilles de vignes en tempura et condiment de pois chiches épicés, du poulpe en raviolis et jus d'un couscous, une cocotte de homard aux langues d'oiseau (petites pâtes), bisque aux graines de fenouil et nigelles... ça intrigue et ça réveille les appétits, non? Autant que la vingtaine de propositions-assiettes, qui cassent les codes entrées-plats-desserts, mises en scène par cinq types et températures de cuisson « Vapeur 85° C, Frit 180° C... ». Vous en voulez encore? Les hauts volumes de l'ancien Sapid de Ducasse, bouleversés par un matériau unique industriel, inox-alu, rutilant comme dans les seventie's. Maître d'œuvre, Omar Diab (avec Tour Eiffel dans le deuxième arrondissement) qui s'est offert une danseuse de haut vol, histoire de s'amuser avec ses racines égyptiennes et d'offrir ainsi un Levant qui flirte avec la gastronomie, sans sacrifier la noblesse des produits (pigeon de Racan laqué aux amandes frites). Plus frappant, c'est le côté ludique et insolite qui domine avec ce scotch egg travaillé comme un falafel et cette petite dose épicée qui vous rattrape en fin de bouche, cette volaille fermière désossée rôtie à 400° C, accompagnée d'une sauce hors norme à base de corète, feuilles séchées (plus ou moins proches de l'épinard, plébiscitées en Egypte et en Tunisie) cuites au bouillon de volaille et d'une étonnante couleur brune, ou même le combo pistache-praliné d'une crémeuse glace à l'italienne et ses atomisées graines de coriandre qui claquent sous la dent. Pas vraiment le temps de s'ennuyer avec ces surprises au bout de la fourchette. Gilles Dupuis


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