Langosteria
Restaurant

Langosteria

Un bon restaurant

L’adresse dédiée aux poissons, coquillages et fruits de mer, inspirée du registre italien comme l’a imaginé son fondateur Enrico Buonocore, a ouvert pour la première fois en dehors de la péninsule ici à Paris. Si le concept a fait ses preuves, son installation au dernier étage du prestigieux Cheval Blanc en fait une vitrine unique pour partager déjeuner ou dîner de façon spectaculaire, le centre de Paris, ses ponts, ses clochers et sa tour Eiffel juste à vos pieds depuis la terrasse comme de l’espace intérieur ouvert sur les cuisines. Pas de viande donc mais une carte dédiée à la grande bleue, servie élégamment et dans la bonne humeur. Registre en fait très ouvert entre le cru, les fritures, la pêche du jour et les pâtes. La friture Langosteria comprend essentiellement des calamars - gambero rosso et langoustines hélas parents pauvres d’un plat pourtant iconique. Heureusement la mayonnaise à base de wasabi apporte de la gourmandise au céphalopode. Meilleure pioche avec les spaghettis aux oursins, pas moins de cinq pièces tout droit venues de Galice, et une sauce à la fois puissante et généreuse. Et si le tiramisu est présenté comme l’un des meilleurs de Paris, nous soutenons sans problème le verdict. À la fois aérien, parfaitement cacaoté et « caféoté ». Dans cet antre du luxe et de l’élégance internationale, quelques faux-pas cependant. Avec le champagne servi en apéritif (blanc de blancs Ruinart à 44 euros), il a fallu demander quelqu’accompagnement (en fait olives et amandes), pas d’huile d’olive non plus pour accompagner le pain qu’on aurait préféré remplacé par une gourmande focaccia, et un café lui aussi bien seul, sans même un chocolat Gianduja pour faire comme là-bas. De telles attentions manquent encore plus quand arrive l’addition… Pierre-Yves Chupin


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Cave des Abbesses (La)
Bistrot

Cave des Abbesses (La)

La marquise qui chapeaute l'entrée est un indice : désuète, voire historique, tant ces avant-propos boutiquiers ont disparu du paysage parisien. Une signalétique à laquelle s'ajoute l'enseigne « La Cave des Abbesses depuis 1962 » (ou Caves Bourdin) où la valse des bouchons et des boutanches peut se faire en deux temps: en terrasse autour d'une verre et d'une assiette froide, ou, dès les premiers frimas, dans un speakeasy, confidentiel donc, mais connu des affidés, installé en fin de parcours entre deux murs de casiers bourrés de quilles. Sans exclusive et non <genré>, puisque le nature arverne de Miolanne flirte avec le vin orange biodynamique du domaine de l'Envol alsacien et le châteauneuf Beaucastel. Et pour prendre langue avec le programme du moment, une carte biface. D'un côté, des solides très solides, charcuteries essentiellement de chez Mas dans le Cantal, huîtres du Cotentin, foie gras, légumes grillés, tartinades, chèvre fermiers, comté, saint-nectaire... De l'autre, une large sélection du moment, en quilles ou au verre, du crémant de bourgogne Bailly-Lapierre (5 euros) au gevrey vieilles vignes 2023 de Sylvie Esmonin à 132 euros, en passant par Foillard, Pellé, Picq, Landron, etc. Mieux, ici ça déborde de partout, que ce soit les assiettes de charcuteries (avec cornichons à foison et beurre demi-sel Charente-Poitou, emballé dans un cylindre argenté), qui ne passent pas par un pèse-lettre, ou les verres de 12 cl servis davantage en 15 cl. Bref, une bonne tradition de générosité fouchtrate, voiturée par un service placide, débonnaire et compétent, ancré dans son quartier et assez indifférent à la manne touristique. Laquelle n'a pas vu disparaître l'emblématique Pomponnette de la rue Lepic et la réduction a minima du comptoir de la Mascotte voisine, dont l'animation valait beaucoup à l'inoxydable Michou aujourd'hui disparu... et à ses copines. Gilles Dupuis


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Avant-comptoir du Grouin
Bistrot

Avant-comptoir du Grouin

Un bon bistrot

Entrepôt, loft, atelier, remise, plus sûrement rustique taverne gauloise à tonneaux, sanctifiée arverne (superbe zinc Nectoux à rallonge), l'ex-Pointe du Grouin de Thierry Breton est passée dans l'escarcelle d'un neveu d'Yves Camdeborde, l'avisé créateur des Avant-Comptoir (trois au Quartier Latin). Lequel a sûrement suivi les conseils de Tonton, à savoir qu'on ne change pas d'artisans qui gagnent (huîtres de Dupuch, <cochonstées> d'Ospital, de Parra...), ni de formule (tapassiettes), voire de recettes (terrine de campagne façon Régalade) mijotées souvent à la sauce sud-ouest (fricassée de cœurs de canard). Quoique, à la lecture de la carte, on se sente un peu paumé avec près de 50 propositions, dont notre cochon en oreilles, grouin croustillant, poitrine, saucisse, ou côte Ibaiana pour deux (64 euros), sans oublier les plats du jour (servis de 12 à 15h). Ouf ! En tous cas, un vrai buffet en non-stop à 3 minutes de la Gare du Nord, ça ne se manque pas, sans comparaison avec les nourritures étiques qu'on ingurgite en attendant son TEGEVE. Mieux encore, une petite niche est réservée aux végétaux, artichauts vinaigrette, poireaux nori sauce aigre-douce, chou pointu au labneh. En travaux pratiques, ça coince pourtant un brin, nos deux variétés de croquettes, étant garnies d'une sorte de pâte sans saveur. La belle reprise de volée est pourtant là avec cet épeautre croquant, harmonieux et puissant, associé à un terre-mer (chorizo-seiche), qui rappelle le meilleur de Tonton Camdeborde, tout comme la (fausse) mousse au chocolat à l'huile d'olive, plutôt une crème servie tiède du meilleur effet. Pour les beaux jours, la petite terrasse divine en zone piétonne. Gilles Dupuis


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Aporrhais (L')
Bistrot

Aporrhais (L')

Un bon bistrot

Le restaurant porte le nom d'un mollusque gastéropode que l'on ramasse certainement sur cette plage de la Govelle qui fait face au restaurant. Entre la chic pointe de Penchâteau au Pouliguen et le charmant village de Batz-sur-mer, la Govelle est à marée haute le rendez-vous des surfers et à marée basse celui des familles ou des promeneurs. Voire des bons vivants en quête de produits authentiques réunis sur la terrasse confortable ou dans la salle intime. À la carte, la pêche locale occupe l'essentiel du menu, langoustines du Croisic, fraîches du jour et généreuses avec pas moins de 300 g par assiette, couteaux ou palourdes farcis avec persillade si digeste et qui embaume les tables, ou rillettes de poisson maison à acheter aussi sur place ou poissons du jour. La choucroute de la mer garnie de saumon, cabillaud, haddock, langoustines, moules et coques, s'accompagne d'un beurre blanc qui sublime l'acidité du chou. Les cuissons restent l'apanage du chef, seul maître à bord en cuisine et qu'accompagne uniquement en salle son épouse : sole généreusement cuisinée au beurre ou aile à la grenobloise avec ses petits croûtons dorés. Pas de viande ou autres produits "étrangers", mais une courte carte de desserts classiques défendue par un chef se revendiquant à l'ancienne. Sélection de vins réduite et qui mériterait quelques trouvailles. Mais quand le muscadet est bien choisi - ce qui est ici le cas -, que demander de plus face à un océan aussi magique ? Pierre-Yves Chupin 

 


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Bistrot de Breteuil (le)
Bistrot

Bistrot de Breteuil (le)

Un bon bistrot

"Bistrot, mon œil" persiflait en substance et gentiment Le Petit Lebey des Bistrots Parisiens millésimé 2003... évoquant plutôt une brasserie cossue, toujours d'actu', et son ample et replète terrasse flirtant avec les 100 couverts, le tout stratégiquement vissé sur une place de beau diamètre. A l'époque, pas si lointaine, elle faisait un tabac d'enfer avec sa carte-menu, vin et café compris, à 29 euros, formule low-cost dupliquée en cinq autres établissements aux destinées qui furent diverses. Présentement, on y retrouve ce qui fait le sel du genre, brassage de clientèle, service actif et millimétré, indispensable semainier, propositions attendues (œuf mayo poutargue, huîtres, pavé d'Angus béarnaise, côtes d'agneau haricots verts, turbot sauce hollandaise, île flottante....), lestées d'exotisme passé dans le langage culinaire commun, houmous et pois chiches, tarama et tzatziki, chili con carne, riz sauté au poulet façon thaï, tataki de thon et choux vinaigrés, churros croustillants sauce chocolat... En travaux pratiques, cela donne des calamars frits (bonne panure) en extinction d'iode mais mayo percutante car pimentée; un poulet au vin jaune, volaille extraordinaire de qualité sur laquelle on aurait du verser une rasade en sus de savagnin, avec des morilles en strass et de bonne frites maison qui évitent heureusement l'imbécillité ambiante des "frites à la peau" ; et un duo de sorbets Berthillon histoire de renouer avec un dessert madeleine. Bref, un parcours plus sécurisé qu'extatique, ce que l'on attend d'une brasserie qui a en outre le bon goût de conserver des horaires élargis (8h-22h, voire 23h en été) et de tenir en laisse ses additions (hors spécialités), grâce à un large choix d'entrées-plats-desserts pour 45 euros. Gilles Dupuis


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Indécises (Les)
Bistrot

Indécises (Les)

Un bon bistrot
♥︎

Attaquer au p'tit noir à 8 plombes du mat', en bas de chez soi, avant de partir au taf' (métro ou biclo), c'est un mini-plaisir qui met dans les meilleures dispositions. Peu importe que le bistrot, le troquet, ait de la patine ou pas, l'essentiel étant qu'il réponde présent, comme ces Indécises, à l'embrassade de deux rues qui donnent sur une placette chou comme tout. Nicolas Schweri qui a repris l'affaire (en compagnie d'un associé), l'avait dans le collimateur depuis qu'il était minot, habitant juste en face. Avec l'idée de faire perdurer, à travers cette acquisition, la vie de quartier. Mais aussi grâce à un certain bagage pro, famille de restaurateurs, lui-même cuisinier (passé par J'Go, Astier, son voisin de l'autre côté de la rue...) lui permettant d'appliquer les bonnes recettes du genre. Et en tête de gondole, un menu et un semainier (renouvelé chaque trimestre), joues de bœuf, cuisse de canard confite, blanquette de veau à l'ancienne, etc. L'important est ici de rester dans les clous du qualitatif, foie gras de canard mi-cuit maison si l'on veut faire, modestement, cramer sa carte bancaire, comté et jambon au torchon pour le croque, tartare de bœuf charolais au couteau, croquantes frites maison, brioche façon pain perdu... Tout en assurant du non-stop pour petites faims, du croissant à l'apéro vespéral, qui passe par brioche Bénédicte, fuet (saucisson catalan), assiette de charcuteries, fromages, frites... Bref, la maison est neuve, devrait étoffer un brin sa sélection de vins avec des références plus malignes, renoncer à la glace industrielle de la profiterole et renouveler sans doute plus fréquemment son semainier. Mais le pari du bistrot en chaussons, ouvert 7 jours sur 7, est tenu. Gilles Dupuis


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Vertueux
Bistrot

Vertueux

♥︎

À quelques mètres du canal Saint-Martin, cette nouvelle adresse accueille sur plusieurs étages et tous les jours de la semaine. L'atmosphère se montre à la fois chaleureuse et festive, propice à un voyage dans l'assiette que promettent notamment les origines équatoriennes du chef. Formé auprès de chefs réputés - Nicolas Baumann du restaurant Michel Rostang ou Alan Taudon de l'Orangerie au George V notamment - , il joue de bases sérieuses pour oser faire venir les épices ou condiments de sa région d'origine dans ses créations. Ses tacos à l'effilochée de bœuf sont d'une redoutable gourmandise comme le dessert choco-banane de son enfance où le fruit joue de sa texture et devient une base idéale pour apprécier les pépites de chocolat. En revanche, le mille-feuille d'avocat ou le lieu jaune réunissaient trop d'éléments dans l'assiette pour construire une certaine harmonie et susciter l'envie. Le menu et surtout la carte offrent cette chance de pouvoir choisir et d'éviter toute déception. Cave en devenir et service à la fois efficace et souriant. Pierre-Yves Chupin


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Erre
Restaurant

Erre

Un bon restaurant
♥︎

Bien peu d’indications pour atteindre sa destination, il faut évoluer dans un environnement bucolique avant d’accéder au domaine, 140 hectares avec golf, hôtel, restaurant et bistrot. Clément Vergeat et Marine Mateos s’y sont installés au printemps dernier, coup de foudre immédiat pour l’ancien relais de chasse. Les propriétaires, Jeanne Frangié et Thierry Garret, leur ont laissé carte blanche. À lui le salé, à elle le sucré, et le plaisir pour nous de retrouver la lauréat 2023 du « Lebey de la meilleure entrée » autour d’un menu aussi lisible que gourmand. Dès les amuse-bouches, Clément place la barre haute. La suite s’inscrit dans une succession d’assiettes originales, graphiques, toutes marquées en saveurs. Avec ces petites saillies qui font vibrer le plat, comme celui à base de canard. Les produits locaux inspirent le jeune chef, il les sublime dans des préparations épurées souvenirs du séjour au Danemark, ou les cajole dans des compositions plus généreuses, clins d’œil à ses origines cévenoles comme la bajana aux noix et foie gras. Les sauces ou jus rappellent le sérieux de sa formation (Guy Savoy, Toshitala Omiya), alliant puissance et précision. Marine joue d’une même virtuosité avec les desserts, fruits de saison, légèreté et irrésistible gourmandise. Un peu plus loin au bistrot, installé dans le château, le couple se révèle sous un autre registre, un brin canaille avec soupe à l’oignon, tourte d’agneau effiloché ou profiterole, craquelin cacao et sauce gianduja. Pierre-Yves Chupin


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Pochana
Bistrot

Pochana

Un très bon bistrot
♥︎

"Une adresse de poche", l'expression n'a ici rien de galvaudée : pas plus de dix personnes peuvent loger dans la salle, en sachant que la quinzaine de mètres carré de l'endroit inclut aussi la cuisine. Là, May, Thaïlandaise d'origine, concocte avec méthode, rigueur et subtilité une cuisine vivante inspirée de ses origines. Outre la prouesse technique, on reste ébaubi par les saveurs développées dans chacune des petites assiettes : raviolis farcis au porc et cébette que relève une heureuse association entre huile pimentée et vinaigre noir, poulet mariné juteux à souhait avec une sauce réconfortante ou épaule de porc servi en curry coco. Pour l'accueil, c'est Rémi, le mari, qui s'en charge. Amoureux des vins nature, il aime les faire découvrir. Une atmosphère aussi chaleureuse et une cuisine aussi aboutie dans un espace aussi riquiqui, le client se sent vite ici privilégié. Voire VIP. Arnaud Morisse 


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Tontons de Neuilly (Les)
Bistrot

Tontons de Neuilly (Les)

Un très bon bistrot

Au cœur des Sablons, la place Parmentier a bien changé, désormais ilôt de verdure et de bien-être où la terrasse de ces Tontons a pris ses quartiers depuis l'été 2025. Telle une parfaite brasserie parisienne, elle accueille tous les jours, chaleureuse et animée. La carte privilégie la simplicité et le beau produit, pas forcément le pari le plus simple pour satisfaire la clientèle. Les haricots verts juste croquants et d'une remarquable fraîcheur s'associent parfaitement aux noisettes torréfiées et à la mimolette ancienne qui aurait mérité d'être taillée en fins copeaux. L'agneau confit arrive telle une pièce maîtresse, portions généreuses, jus parfait et frites ou salades en accompagnement gourmand. La fin de repas suscite un même enthousiasme, une tarte aux figues comme dans les bonnes maisons, pâte fine et fruits comme caramélisés. Service sympathique, cave bien fournie qui montre que les Tontons en charge de cette adresse en devenir ont de la ressource. Pierre-Yves Chupin 


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