Un très bon bistrot
Zinc Nectoux coiffant un comptoir accueillant, l'enseigne ne ment pas, puisque ce bar fut il y a quelques lustres point de ralliement pour piliers de vins nature qui en étaient à leur balbutiement. Quant aux clowns (le bistrot est contigu du Cirque d'Hiver), ils figurent en frises de Sarreguemines 1900 colorées exécutant leurs facéties, et sertissent un sous-verre en plafond chatoyant. Au final ? Une inscription aux Monuments Historiques pour ce petit bijou, dont on profite pleinement installé au bar, sur tabourets ou guéridons hauts. Quant à la cuisine, sous la houlette d'un chef coréen, elle n'a rien de burlesque, en témoigne cet œuf parfait, vraiment parfait car tremblotant de cuisson précise, marié d'une purée de céleri émulsionnée et dégageant des effluves odorantes de shitakés. Comme un avant-goût d'une carte quasiment à double inspiration. Notes asiatiques partielles côté entrées, tartare de bœuf à la sauce coréenne et chips de nori, sériole maturée, ponzu, concombre lactofermenté et kumquats, et plats principaux versant cuisine bourgeoise : vol-au-vent de ris de veau, chanterelles, épinards et sarriette, ou tourte de pigeon de Mesquer (pour 2) et foie gras, sucrine et purée de châtaignes, ayant pour effet de faire grimper l'addition à juste titre (produits nobles). Le menu déjeuner restant pour sa part tout-à-fait convaincant et idéal pour une première approche. Gilles Dupuis